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Embaucher un Roumain en France est plus simple qu’on ne le croit souvent : aucune autorisation de travail n’est exigée, mais plusieurs formalités d’employeur restent obligatoires. Vous trouverez ici les documents à vérifier, la DPAE, l’immatriculation à la Sécurité sociale, vos obligations après l’embauche, puis ce qui change si vous passez par l’intérim ou le détachement.

Faut-il une autorisation de travail pour embaucher un Roumain ?

Non. Un citoyen roumain bénéficie de la libre circulation des travailleurs européens, et l’embauche se fait donc directement. Votre vigilance doit plutôt porter sur la nationalité du candidat et sur les éventuelles exigences propres au poste.

Un dossier ouvert sur un bureau présente une carte d’identité, un stylo et une loupe à côté d’une tasse de café.

Le droit de travailler en France

La Roumanie fait partie de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007. Les restrictions transitoires qui visaient les ressortissants roumains sur le marché du travail français ont pris fin le 1er janvier 2014. Depuis cette date, les citoyens roumains peuvent travailler en France sans autorisation de travail.

Embaucher un salarié européen en France relève donc d’une procédure ordinaire : pas de visa de travail, pas de demande d’autorisation de travail, et pas de procédure d’introduction d’un salarié étranger (celle qui s’applique aux ressortissants de pays tiers).

Les documents que l’employeur doit vérifier

Avant l’embauche, l’employeur contrôle la nationalité roumaine du candidat grâce à une carte d’identité ou un passeport roumain en cours de validité. L’un ou l’autre suffit. Gardez en tête que seule la citoyenneté compte : un ressortissant d’un pays tiers qui détient un titre de séjour roumain n’obtient pas, de ce seul fait, le droit de travailler en France.

La nationalité ne change rien aux exigences du métier. Une profession réglementée peut demander une reconnaissance des qualifications ou une inscription auprès de l’autorité compétente, et ce quel que soit le pays d’origine du candidat.

La carte de séjour est-elle nécessaire ?

Non. La carte de séjour « citoyen UE/EEE/Suisse : Toutes activités professionnelles » est facultative, à ne pas confondre avec la carte « salarié » délivrée aux ressortissants de pays tiers. Un citoyen européen qui travaille peut séjourner plus de trois mois en France sans présenter de titre de séjour à l’embauche. Aucune vérification en préfecture n’est à prévoir, et le salarié peut changer d’employeur sans nouvelle autorisation ni changement de statut.

Quelles formalités l’employeur doit-il accomplir ?

L’embauche d’un salarié roumain suit les règles qui s’appliquent à n’importe quel salarié recruté en France. Comptez trois étapes : préparer le poste et le contrat, déclarer l’embauche, puis tenir vos registres à jour.

Deux documents sont posés sur un bureau, près d’une plante et d’un carnet.

Préparer le poste et le contrat de travail

Avant de recruter, définissez précisément les éléments du poste :

  • Le poste et la qualification : missions confiées et niveau de compétence attendu.
  • La classification et la convention collective : cadre conventionnel applicable à l’emploi.
  • Le salaire et les horaires : rémunération et organisation du temps de travail.
  • Les risques professionnels : dangers propres au poste et mesures à prévoir.

Pendant l’entretien, les questions doivent porter uniquement sur l’emploi. Le Code du travail fait du CDI la forme normale d’embauche. Le CDD n’est possible qu’avec un motif légal, et un CDI à temps partiel doit obligatoirement être écrit.

Le CDD est écrit, motivé et rédigé en français, puis remis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables qui suivent l’embauche. Comme pour toute embauche d’un salarié étranger, le salarié peut demander une traduction de son contrat de travail dans sa langue.

Déclarer l’embauche par la DPAE

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) est envoyée à l’Urssaf avant toute prise de fonction, période d’essai comprise. Vous pouvez la transmettre au plus tôt huit jours avant l’embauche. Elle vaut aussi demande d’immatriculation à la Sécurité sociale : le fait que le salarié n’ait pas encore de numéro français ne vous empêche pas de la déposer.

N’inscrivez dans la DPAE aucun titre autorisant le travail, puisque le salarié roumain n’en a pas besoin. Conservez l’accusé de réception et remettez-en une copie au salarié, sauf si son contrat écrit mentionne déjà l’organisme destinataire de la déclaration.

Tenir le registre et éviter les sanctions

En recrutement direct, inscrivez le salarié au registre unique du personnel dès son embauche, avec notamment sa date d’entrée, son poste et le type de contrat.

Selon Service-Public, l’absence de DPAE expose à une pénalité administrative de 1 305 € par salarié. Lorsque l’omission est intentionnelle et constitue du travail dissimulé, une personne physique risque jusqu’à 45 000 € d’amende et trois ans d’emprisonnement. Pour une personne morale, l’amende peut atteindre 225 000 €.

Toujours selon Service-Public, un registre unique du personnel mal tenu ou absent peut entraîner une amende allant jusqu’à 750 € par salarié concerné.

Comment immatriculer le salarié à la Sécurité sociale ?

La DPAE lance l’immatriculation, mais l’attribution d’un numéro définitif passe par un dossier à part. Il est utile de connaître les étapes pour accompagner votre salarié roumain.

Appliquer l’affiliation française dès l’embauche

Un salarié roumain recruté directement par une entreprise française pour travailler en France relève en principe du régime français de Sécurité sociale. En pratique :

  • Demande d’immatriculation : elle figure dans la DPAE.
  • Numéro définitif : il s’obtient par un dossier distinct de la DPAE.
  • Sans carte de séjour : l’affiliation reste possible.
  • Sans numéro définitif : l’affiliation reste également possible.

Attendre un numéro définitif ou une carte Vitale ne justifie pas de reporter la DPAE ni le paiement du salaire.

Constituer le dossier auprès de la CPAM

Si votre salarié n’a jamais eu de numéro français, c’est à lui d’engager la démarche auprès de sa CPAM. Votre rôle consiste à l’en informer, et vous pouvez utiliser le service dématérialisé mis à disposition des employeurs.

Le dossier comprend notamment les pièces suivantes :

  • Demande d’ouverture des droits : formulaire S1106, présenté par l’Assurance maladie.
  • Pièce d’identité : une copie lisible.
  • Justificatif d’activité : il atteste l’emploi occupé en France.
  • Pièce d’état civil : complète et lisible, par exemple un extrait d’acte de naissance avec filiation.

La pièce d’état civil sert à obtenir le numéro définitif. Les règles de traduction ou d’authentification de cet acte sont à vérifier auprès de la caisse.

Utiliser le numéro provisoire

Avant de certifier le numéro définitif à partir de la pièce d’état civil, la caisse peut attribuer un numéro d’identification d’attente (NIA). Selon l’Assurance maladie, ce NIA s’utilise temporairement pendant neuf mois.

L’Assurance maladie précise aussi qu’un dossier incomplet peut entraîner une suspension des droits au bout de six mois, puis leur suppression au bout de neuf mois. Incitez votre salarié à compléter son dossier rapidement.

Quelles obligations s’appliquent après l’embauche ?

Une fois le contrat signé, le salarié roumain relève des règles ordinaires du droit du travail français : rémunération, paie, avantages obligatoires, santé et sécurité.

Fixer le salaire et estimer le coût

Le salaire doit respecter le minimum légal, ou le minimum conventionnel s’il est plus favorable. La nationalité roumaine ne permet jamais de payer moins. Selon le barème de l’Urssaf, le Smic en métropole au 1er juin 2026 s’élève à 12,31 € brut par heure. Cela représente 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires, sans compter le coût employeur complet.

Les cotisations et contributions sociales s’ajoutent au brut. Leur montant varie notamment selon :

  • La rémunération et l’effectif : niveau de salaire et taille de l’entreprise.
  • Le risque d’accident du travail : taux propre à l’activité exercée.
  • La localisation : lieu d’implantation de l’établissement.
  • La convention collective et les allègements : règles de branche et réductions applicables.

Assurer la paie et les avantages

La paie et les prélèvements sociaux sont déclarés via la déclaration sociale nominative (DSN). Selon Service-Public, la date limite générale est le 15 du mois suivant pour une entreprise de moins de 50 salariés, et le 5 à partir de 50 salariés. Dans le secteur privé, une complémentaire santé collective doit en principe être proposée, et l’employeur finance au moins la moitié de la cotisation, sauf dispense ou règle plus favorable.

Pour un CDD, Service-Public indique que l’indemnité de fin de CDD, lorsqu’elle est due, représente en principe au minimum 10 % de la rémunération brute totale. Une convention collective peut ramener ce taux à 6 % en échange de contreparties.

Protéger la santé et la sécurité

Évaluez les risques du poste dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et appliquez les règles habituelles de durée du travail et de congés payés. La visite d’information et de prévention a lieu en principe dans les trois mois suivant la prise de poste. Certains postes ou salariés imposent une visite avant l’affectation, ou un suivi renforcé.

Assurez-vous que le salarié comprend bien les consignes de sécurité. Si nécessaire, un accompagnement linguistique ou un encadrement bilingue aide à prévenir les difficultés de communication sur le terrain.

Qu’est-ce qui change avec l’intérim ou le détachement ?

Le recrutement international ne passe pas toujours par une embauche directe. L’employeur juridique et les obligations ne sont pas les mêmes selon la solution choisie pour faire venir du personnel roumain.

Une femme et un homme examinent des documents posés sur une table.

Distinguer les relations d’emploi

Trois relations d’emploi sont possibles :

  • Embauche directe : l’entreprise française signe le contrat et remplit elle-même les formalités d’employeur.
  • Intérim français : l’agence d’intérim française est l’employeur juridique et effectue la DPAE, tandis que l’entreprise utilisatrice accueille le salarié mis à disposition.
  • Détachement : le salarié reste lié à son employeur établi en Roumanie.

Work Intérim permet aux entreprises françaises d’embaucher des travailleurs roumains par l’intérim et le détachement. Nous sélectionnons les candidats et prenons en charge les formalités du détachement, comme l’explique notre agence de recrutement en Roumanie.

Solution Employeur juridique Qui déclare
Embauche directe Entreprise française L’entreprise française (DPAE)
Intérim français Agence d’intérim française L’agence (DPAE)
Détachement Employeur établi en Roumanie L’employeur roumain (SIPSI)

Quelles règles concernent le salarié détaché ?

En principe, l’employeur établi en Roumanie dépose une déclaration préalable sur SIPSI avant le détachement et désigne un représentant en France. Certains manquements aux obligations du détachement peuvent être sanctionnés par une amende administrative allant jusqu’à 4 000 € par salarié détaché.

Le document portable A1 atteste la législation de Sécurité sociale applicable. Selon la coordination européenne, le maintien de l’affiliation dans l’État d’envoi vise une durée prévisible de 24 mois au plus, sous conditions. Le salarié détaché bénéficie des règles françaises de rémunération, d’horaires, de santé et de sécurité. Au-delà de 12 mois, ou de 18 mois après notification motivée, des règles supplémentaires s’appliquent.

Quels profils et quel accompagnement proposons-nous ?

Pour les fonctions administratives et techniques en intérim, nous définissons avec vous les compétences attendues, puis nous sélectionnons les profils par des entretiens et des tests adaptés au poste.

Dans le BTP, nous proposons notamment des ouvriers roumains en maçonnerie et en charpente ainsi que des profils de gestion de chantier, présentés sur notre page consacrée aux métiers de la construction en intérim. Ces Roumains qualifiés reçoivent avant leur départ un briefing sur les consignes de sécurité et les conditions de leur mission.

En logistique, nous proposons des profils en gestion des stocks, en préparation des commandes et en coordination des opérations, qui couvrent les métiers de la logistique en intérim. Notre équipe franco-roumaine accompagne les travailleurs roumains en France tout au long de leur mission, ce qui facilite l’organisation sur site pour vos équipes.

Foire aux questions

Les Roumains ont-ils besoin d’un titre de séjour pour travailler en France ?

Non. La carte « citoyen UE/EEE/Suisse : Toutes activités professionnelles » est facultative. Selon Service-Public, elle peut être valable jusqu’à cinq ans pour un CDI. Pour un CDD, sa durée correspond à celle du contrat plus six mois, dans la limite de cinq ans.

Quelles informations écrites remettre au salarié roumain après son embauche ?

Selon Service-Public, les principales informations sur la relation de travail doivent être remises par écrit après l’embauche. Certaines sont dues dans les sept jours calendaires, les autres dans le mois.

L’employeur doit-il prendre en charge les frais de transport d’un salarié roumain ?

Oui, pour un salarié à temps plein qui utilise un abonnement de transport public éligible entre son domicile et son lieu de travail : l’employeur paie au moins la moitié de l’abonnement. Le temps partiel obéit à des règles spécifiques.

En combien de temps Work Intérim peut-il mettre à disposition un intérimaire roumain ?

Nous traitons votre demande sous 24 heures et vous envoyons les premiers CV sous 48 heures. Une fois le profil validé, la mise à disposition peut se faire en moins de 5 jours ouvrés, et nos candidats peuvent être disponibles en moins de 2 semaines.





    Si vous avez un projet de recrutement de travailleurs détachés intérimaires en Roumanie, n'hésitez pas à contacter Work Intérim via notre formulaire en ligne. Nous nous engageons à vous répondre dans les meilleurs délais afin de débuter notre collaboration et de vous assister dans votre recherche de travailleurs intérimaires qualifiés, correspondant parfaitement à vos exigences.


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