Le droit du travail en Roumanie fixe des règles précises sur les contrats, l’embauche, les autorisations, le détachement et les conditions d’emploi.
En droit roumain, une embauche se prépare avant le premier jour de travail. Le contrat, les vérifications et l’enregistrement de chaque salarié suivent un ordre strict, et l’inspection contrôle chacune de ces étapes.

Le contrat de travail en Roumanie est écrit en roumain, signé puis remis au salarié avant sa prise de poste. Vous devez le conclure et l’enregistrer au plus tard la veille du premier jour de travail. Il précise les parties, la fonction, les missions, le lieu de travail, la date de début, la rémunération, les horaires, les congés et le préavis, selon le modèle-cadre approuvé par l’arrêté n° 2171/2022.
Le contrat à durée indéterminée est la forme normale. Le contrat à durée déterminée est réservé aux cas prévus par le Code du travail (remplacement, besoin temporaire) et dure au maximum 36 mois. La période d’essai peut atteindre 90 jours calendaires pour une fonction d’exécution et 120 jours pour une fonction de direction. Pendant l’essai, une simple notification écrite suffit à rompre le contrat, sans préavis. Le préavis de démission peut atteindre 20 ou 45 jours ouvrables selon la fonction.
Ces mentions contractuelles reposent sur des contrôles faits en amont. Avant de signer, vérifiez trois points :
Chaque contrat et chacune de ses modifications sont ensuite transmis dans REGES-ONLINE, le registre électronique des salariés. Ce registre remplace l’ancien système Revisal, avec une échéance de transition fixée au 31 décembre 2025.
Un enregistrement oublié coûte cher. Selon le Code du travail roumain, employer un salarié qui n’a pas été enregistré avant son premier jour peut entraîner une amende de 20 000 RON par salarié. Le total est plafonné à 200 000 RON. Et une embauche déjà commencée ne se régularise pas simplement après coup.
La décision gouvernementale n° 295/2025 ajoute des amendes de 15 000 à 20 000 RON pour certains manquements transitoires à l’enregistrement de l’employeur. L’absence de transmission de certaines données expose à une amende de 5 000 à 10 000 RON. Les contrôles de conformité peuvent porter séparément sur le contrat, le registre et l’aptitude médicale : chaque pièce doit donc être prête.
La nationalité du candidat détermine les démarches à suivre. Un citoyen européen se recrute librement, alors qu’un ressortissant d’un pays tiers relève d’un régime d’immigration professionnelle profondément remanié en 2026.

Grâce à la libre circulation dans l’Union européenne, un citoyen français ou d’un autre État membre peut occuper un emploi en Roumanie sans permis ni visa de travail. EURES applique cette règle aux citoyens de l’EEE et de la Suisse. Le contrat, son enregistrement et les formalités de séjour applicables restent obligatoires.
La Roumanie est membre de l’Union européenne depuis 2007, plus exactement depuis le 1er janvier 2007. Les travailleurs européens qui y sont salariés bénéficient de plusieurs garanties :
Ces garanties concernent les salariés européens recrutés localement. Pour les autres candidats, la procédure change entièrement.
Recruter un ressortissant d’un pays tiers suppose trois démarches distinctes : l’accès au marché du travail roumain, le visa d’entrée et le permis de séjour (ou titre de résidence). Aucun de ces documents ne remplace les autres. L’ordonnance d’urgence n° 32 du 23 avril 2026, publiée le 27 avril 2026, réorganise l’immigration professionnelle autour d’une demande unique électronique.
Le visa D/AM1 vise les travailleurs hautement qualifiés. Leur contrat à temps plein doit être à durée indéterminée ou durer au moins 6 mois, et c’est l’employeur roumain enregistré qui dépose la demande. Le visa D/AM2 couvre les travailleurs permanents, saisonniers ou frontaliers ; sa validité initiale est de 90 jours selon le portail gouvernemental, et un séjour plus long exige un titre temporaire. Le portail prévoit l’offre ferme, le contrat et les documents nécessaires, puis le visa et le séjour après approbation (les flux d’enregistrement des employeurs et de dépôt D/AM2 y sont toutefois désactivés à la suite d’une décision judiciaire).
Une agence de placement met en relation candidat et employeur, alors qu’une entreprise de travail temporaire embauche elle-même le salarié. L’agence de placement de travailleurs étrangers doit être autorisée et fournir une garantie financière de 75 000 € jusqu’à 250 travailleurs placés. Cette garantie augmente ensuite de 50 000 € par tranche de 250. Les délais affichés atteignent 15 jours ouvrables pour autoriser un employeur et 30 jours ouvrables pour une agence, hors étapes consulaires. Une demande peut être rejetée si l’offre, le contrat, les qualifications ou les pièces ne correspondent pas à la catégorie visée. Enfin, les anciens frais de permis de travail d’un salarié étranger ne s’appliquent pas indistinctement aux demandes uniques de 2026, et un ancien permis de travail ne sert pas de référence au nouveau régime.
Une fois le contrat signé, la paie et l’organisation du temps doivent respecter des seuils chiffrés. Voici les montants et les durées à intégrer dans votre budget et vos plannings.
Depuis le 1er juillet 2026, le salaire minimum en Roumanie est de 4 325 RON brut par mois à temps plein, soit environ 850 € selon EURES. La décision gouvernementale n° 146 du 12 mars 2026 fixe ce montant. Il correspond à 25,949 RON brut de l’heure, sur une référence de 166,667 heures mensuelles.
Certains secteurs appliquent leur propre minimum. Le minimum s’apprécie toujours sur le salaire de base, sans y ajouter artificiellement les primes.
| Référence | Minimum brut mensuel |
| Minimum national général | 4 325 RON |
| Construction | 4 582 RON |
| Agriculture et agroalimentaire | 4 325 RON |
Le minimum national ne peut en principe s’appliquer au même salarié que pendant 2 ans après son embauche. Ensuite, son salaire de base doit dépasser ce seuil. EURES indique un net de 2 699 RON au minimum général, un montant indicatif qui dépend du statut fiscal du salarié.
Le passage du brut au net dépend de plusieurs prélèvements, dont les taux sont publiés par EURES :
L’impôt sur le salaire est normalement de 10 % de la base fiscale, calculée après cotisations et déductions. Depuis le 1er juillet 2026, une fraction de 200 RON par mois du salaire minimal peut être exclue de certaines bases fiscales et sociales pour les salariés éligibles.
Travailler en Roumanie à temps plein représente normalement 8 heures par jour et 40 heures par semaine. Le plafond est en principe de 48 heures hebdomadaires en moyenne, heures supplémentaires comprises, sur une période habituelle de 4 mois. Les heures supplémentaires exigent en principe l’accord du salarié. Elles donnent lieu à un repos payé dans les 90 jours calendaires ou, à défaut, à une majoration d’au moins 75 % du salaire de base.
Le repos hebdomadaire est en principe de 48 heures consécutives. Le minimum légal de congés payés est de 20 jours ouvrables par an. Le travail de nuit suit ses propres règles, distinctes de celles des heures supplémentaires.
Envoyer un salarié en Roumanie, faire appel à l’intérim sur place ou faire venir des intérimaires roumains en France : chaque opération a ses propres contrats et ses propres formalités.

La loi roumaine n° 16/2017 encadre le détachement transnational, c’est-à-dire l’envoi temporaire d’un salarié qui reste lié à son employeur d’origine. Ce cadre impose plusieurs obligations :
Un détachement devient de longue durée au bout de 12 mois, une durée prolongeable jusqu’à 18 mois par notification motivée. Le formulaire A1, qui maintient la sécurité sociale d’origine, suit une autre règle : 24 mois en principe. Les remboursements de transport, de logement et de repas ne comptent pas comme rémunération.
Dans l’intérim roumain, l’entreprise de travail temporaire reste l’employeur juridique, et l’entreprise utilisatrice dirige la mission. Un contrat temporaire écrit lie l’agence à l’intérimaire, et un contrat de mise à disposition la lie à l’utilisatrice.
Une mission dure au maximum 24 mois au départ et peut atteindre 36 mois avec ses prolongations. L’intérimaire perçoit au moins la rémunération d’un salarié comparable de l’utilisatrice et bénéficie des mêmes conditions de travail essentielles.
L’intérim répond aussi à des besoins qualifiés, en maintenance, en ingénierie ou en soudage. Certificats, habilitations, horaires, équipements de protection et règles de sécurité doivent correspondre au poste. Toute clause qui empêche l’utilisatrice d’embaucher directement l’intérimaire après la mission est nulle.
Une entreprise de travail temporaire roumaine qui détache un salarié en France doit faire la déclaration préalable SIPSI et respecter les règles françaises. Sans cette déclaration, l’amende peut atteindre 4 000 € par salarié, ou 8 000 € en cas de récidive dans les 2 ans, dans la limite de 500 000 €. Un citoyen roumain travaille en France sans visa ni autorisation. Un intérimaire d’un pays tiers employé par une agence roumaine n’a pas ce droit d’office : son titre de séjour roumain ne suffit pas.
Pour vos recrutements, Work Intérim recherche des intérimaires qualifiés pour des fonctions administratives, de support et de gestion, ainsi que pour les métiers de la construction, de la maçonnerie à l’encadrement de chantier. Nous proposons aussi des profils pour l’industrie (production, maintenance, contrôle qualité) et pour la logistique, de la préparation de commandes au transport. Pour chaque mission, il reste à vérifier les qualifications et habilitations exigées en France.
Oui. Un citoyen roumain peut occuper un emploi salarié en France sans visa, sans autorisation de travail et sans carte de séjour. L’employeur français doit tout de même accomplir les formalités habituelles d’embauche.
Le contrat est toujours rédigé en roumain et signé au plus tard la veille du premier jour. Pour un salarié étranger relevant de la réforme de 2026, il doit aussi exister dans la langue de son pays d’origine ou dans une langue internationale qu’il comprend.
Le dossier comprend notamment le contrat enregistré, un document de voyage valide, un extrait de casier judiciaire et une assurance médicale de voyage d’au moins 30 000 €. La preuve de ressources dépend de la situation.
L’embauche est interdite avant 15 ans. La capacité générale de travailler commence à 16 ans. Dès 15 ans, un emploi reste possible sous conditions, avec l’accord des représentants légaux.
Non. Pour une profession réglementée ou une intervention soumise à habilitation en France, un diplôme roumain ne vaut pas automatiquement habilitation française.