Recruter un infirmier étranger en France implique de maîtriser plusieurs étapes : la reconnaissance du diplôme, l’autorisation d’exercice et les démarches administratives liées à l’emploi. Vous trouverez ici le parcours à suivre, de la validation des qualifications à l’accès aux offres d’emploi d’infirmier, afin d’aider les décideurs comme les candidats à agir avec méthode.
Le marché du travail infirmier en France connaît une tension structurelle. Les besoins de soins progressent, tandis que les effectifs disponibles ne suffisent pas à répondre durablement à la demande. Les difficultés de recrutement, liées notamment à l’attractivité et à la fidélisation, devraient encore s’accentuer jusqu’en 2040.

Avant la pandémie de Covid-19, le déficit mondial d’infirmières était estimé à 6 millions de professionnels. Après la pandémie, il a atteint entre 13 et 15 millions à l’échelle mondiale. La France n’échappe pas à cette tendance : le besoin d’infirmières en France reste élevé dans les établissements publics comme privés.
Environ 15 000 infirmiers exercent aujourd’hui en France avec un diplôme obtenu à l’étranger. Parmi eux, près de 10 000 sont de nationalité française et 5 000 sont ressortissants d’autres pays. Ces infirmiers exerçant en France représentent 2,9 % des effectifs, contre 4,2 % en Belgique, 9,24 % en Allemagne et 17 % au Royaume-Uni.
La demande d’infirmiers qualifiés concerne de nombreuses structures et spécialités. Les établissements médico-sociaux, les EHPAD, les MAS, les FAM et les CHRS renforcent leurs équipes, tout comme les services d’hospitalisation à domicile. Pour identifier les solutions adaptées, consultez le recrutement des infirmiers étrangers en France, qui présente les spécialités demandées et les dispositifs de recrutement simplifiés.
La charge de soins, la rigidité organisationnelle et le manque de reconnaissance comptent parmi les principales causes de départ des infirmiers ayant obtenu leur diplôme en France. La concurrence reste néanmoins forte : le Royaume-Uni, la Norvège et la Belgique recherchent les mêmes profils, avec des rémunérations souvent supérieures.
Un infirmier titulaire d’un diplôme délivré dans un État membre de l’Union européenne, de l’EEE ou en Suisse bénéficie d’un régime favorable pour exercer en France. La reconnaissance de ses qualifications est généralement automatique, ce qui allège les démarches par rapport à celles d’un professionnel étranger issu d’un pays tiers. Certaines conditions doivent néanmoins être remplies avant la prise de poste.
Pour recruter un infirmier en France depuis l’Union européenne, il faut maîtriser le mécanisme de reconnaissance automatique des qualifications professionnelles. Le candidat constitue un dossier auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) du département où il souhaite s’installer. L’ARS instruit la demande et délivre, lorsque les conditions sont réunies, l’autorisation d’exercer la profession.
Un diplôme obtenu dans un pays tiers puis reconnu dans un État membre de l’Union européenne peut aussi être pris en compte si son titulaire justifie de trois ans d’expérience professionnelle dans cet État. Les qualifications britanniques obtenues avant le 31 décembre 2020 relèvent du régime européen. Celles obtenues après cette date sont traitées comme des qualifications d’un État tiers et suivent des règles distinctes.
Si aucune attestation linguistique ne figure dans le dossier, l’ARS peut imposer une évaluation orale et écrite du français. Le niveau B2 constitue le seuil généralement retenu, car il contribue directement à la qualité des échanges cliniques, à la traçabilité du dossier de soins et à la prévention des erreurs médicales. La maîtrise de la langue est donc une exigence professionnelle autant qu’administrative.
Des écarts importants entre la formation suivie à l’étranger et le référentiel français peuvent entraîner des mesures compensatoires : stage d’adaptation ou épreuve d’aptitude. Encadrées par le jury compétent, ces mesures vérifient que le professionnel possède les compétences nécessaires pour exercer en sécurité dans le système de santé français.
| Origine du diplôme | Régime applicable | Démarche principale | Autorisation de travail |
| UE / EEE / Suisse | Reconnaissance automatique | Dossier ARS + inscription à l’Ordre | Non requise (une carte d’identité suffit) |
| Royaume-Uni (avant le 31/12/2020) | Régime européen | Dossier ARS | Non requise pour les ressortissants de l’UE |
| Pays tiers reconnu dans un État de l’UE | Assimilé à l’UE sous conditions | Trois ans d’expérience dans l’État membre | Selon le titre de séjour |
| Hors UE (ex. : Maroc, Tunisie) | Pas de reconnaissance automatique | Procédure DREETS ou reprise d’études en IFSI | Demande de l’employeur obligatoire |
Après l’obtention de l’autorisation d’exercice et l’inscription à l’Ordre, le professionnel peut exercer comme infirmier en France, dans un établissement public, une clinique privée ou en libéral. Les établissements qui ciblent l’Espagne, l’Italie, la Roumanie, le Portugal ou la Grèce dans leurs campagnes de recrutement s’appuient sur cette reconnaissance simplifiée pour réduire les délais d’intégration et accélérer la prise de poste.
Un infirmier titulaire d’un diplôme obtenu dans un pays situé hors de l’Union européenne ne peut pas exercer immédiatement en France. La réglementation française ne prévoit aucune reconnaissance automatique pour ces qualifications. Le professionnel doit donc suivre une procédure spécifique afin de faire évaluer ses compétences par les autorités compétentes, avant d’envisager une candidature ou un emploi infirmier sur le territoire.

Le recrutement d’un infirmier dans le cadre d’un emploi salarié en France suppose de distinguer deux démarches : l’autorisation d’exercer la profession réglementée et l’autorisation d’occuper un emploi. Pour un diplôme étranger hors UE, aucune de ces autorisations n’est accordée par défaut. L’organisme ENIC-NARIC traite les diplômes académiques, mais pas les qualifications liées aux professions médicales et paramédicales réglementées, comme celle d’infirmier.
La demande d’autorisation d’exercice pour un diplôme obtenu hors UE doit être déposée auprès de la DREETS de la région d’installation, généralement au moyen d’une procédure en ligne. Le dossier comprend notamment un formulaire rempli, une déclaration sur l’honneur attestant l’absence de dépôt dans d’autres régions, une pièce d’identité valide et une copie du titre de formation. Les documents rédigés dans une langue étrangère doivent être accompagnés d’une traduction réalisée par un traducteur agréé auprès des tribunaux français.
La commission compétente peut accorder l’autorisation, la refuser, surseoir à statuer pour demander des pièces complémentaires ou imposer des mesures compensatoires. Dans ce dernier cas, le candidat dispose de deux mois pour choisir entre une épreuve d’aptitude, dont la réussite permet d’obtenir l’autorisation, et un stage d’adaptation évalué ultérieurement.
Lorsque la reconnaissance directe n’est pas possible, la voie la plus courante consiste à intégrer un Institut de Formation en Soins Infirmiers afin d’obtenir le diplôme d’État d’infirmier français. Trois modalités d’accès peuvent être envisagées selon la situation et l’expérience du candidat.
La formation menant au diplôme d’État d’infirmier dure normalement trois ans. Elle associe enseignements théoriques, évaluation des compétences et stages pratiques. Dans certaines situations, la durée peut être ramenée à deux ans, notamment après trois ans d’expérience professionnelle en France ou après la validation d’une première année d’études médicales. L’accueil des infirmiers titulaires d’un diplôme étranger dans les établissements publics de santé est encadré par l’arrêté réglementant l’accueil des infirmiers à diplôme étranger, qui précise notamment les conditions d’éligibilité, la convention de stage et les obligations de retour au pays d’origine.
Les médecins et les sages-femmes titulaires d’un diplôme obtenu hors de l’Union européenne peuvent bénéficier d’un dispositif spécifique. Ils ont accès à une formation accélérée de six mois destinée à acquérir les qualifications nécessaires pour exercer la profession d’infirmière ou d’infirmier en France. Cette passerelle met à profit leurs connaissances médicales pour faciliter la transition vers les soins infirmiers.
Un niveau de français B2 minimum est généralement exigé pour intégrer un IFSI, quelle que soit la voie d’accès choisie. Cette condition linguistique garantit la sécurité des soins, la compréhension des protocoles et la bonne intégration au sein d’une équipe soignante francophone. Mieux vaut renforcer son français avant de candidater. Les candidats qui n’atteignent pas encore ce niveau ont intérêt à suivre des cours intensifs.
L’accord France-Québec, appelé Arrangement de Reconnaissance Mutuelle (ARM), constitue un cas particulier. Il permet aux infirmières québécoises de demander directement l’autorisation d’exercer en France auprès du Conseil national de l’Ordre des Infirmiers, sans stage ni formation préalable.
L’autorisation d’exercice, qui valide le droit de pratiquer une profession réglementée, se distingue de l’autorisation de travail, laquelle conditionne le droit d’occuper un emploi salarié en France. Un infirmier peut donc obtenir la reconnaissance de son diplôme sans disposer du droit de signer un contrat de travail.

Les candidats qui consultent des plateformes généralistes telles qu’Indeed pour trouver un poste d’infirmier doivent aussi vérifier leur situation au regard du droit au travail. L’autorisation d’exercice délivrée par l’ARS ou l’Ordre des infirmiers ne dispense pas les ressortissants hors UE de détenir un titre de séjour autorisant le travail.
L’employeur doit vérifier la validité du titre de séjour présenté auprès de la préfecture du lieu d’embauche, au moins deux jours ouvrables avant la prise de poste. Cette formalité est obligatoire : l’emploi d’un salarié étranger sans titre valable expose l’établissement à des sanctions pénales pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende par salarié concerné, ou 75 000 euros pour une personne morale.
Lorsque le professionnel recruté ne possède pas encore de titre autorisant le travail, l’employeur doit déposer la demande d’autorisation sur la plateforme administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr, avant toute embauche. Le dossier comprend le contrat de travail signé, le passeport du candidat, l’attestation URSSAF ainsi que les documents liés au poste. L’administration vérifie notamment la conformité du contrat, la rémunération, la durée de l’emploi et le respect du droit du travail avant de rendre sa décision.
Le traitement prend généralement de deux semaines à un mois et demi. Il est donc prudent de prévoir au minimum un mois avant la prise de poste, et idéalement trois mois. La DPAE (déclaration préalable à l’embauche) doit être transmise à l’URSSAF au plus tard huit jours avant l’embauche. Les démarches, les titres de séjour valant autorisation et les sanctions applicables sont détaillés dans la page sur la procédure d’autorisation de travail pour un recrutement infirmier étranger en France.
Plusieurs situations permettent à un infirmier étranger d’être embauché sans demande d’autorisation complémentaire.
Tout changement d’employeur, de contrat ou de poste impose une nouvelle demande d’autorisation de travail pour les ressortissants concernés, même si l’autorisation précédente reste valide. Le renouvellement doit être engagé entre le quatrième et le deuxième mois précédant l’expiration du document en cours. Cette anticipation assure la régularité de la situation professionnelle du salarié et évite aux structures des interruptions de service.
Une fois l’autorisation d’exercice et l’autorisation de travail obtenues, la recherche d’un emploi d’infirmier en France repose sur des outils ciblés et des critères précis. Rémunération, primes, avantages et type de structure doivent être examinés avant de déposer une candidature. Le marché offre de réelles opportunités, à condition de savoir où chercher et comment comparer les offres.
Les offres d’emploi d’infirmier bien rémunérées se concentrent surtout dans les services à forte technicité et à volume élevé de soins, où la tension sur les effectifs est importante. Pour le recrutement intérimaire en santé, Work Intérim propose une solution flexible et réactive, adaptée aux besoins ponctuels comme aux renforts durables.
Les établissements publics proposent souvent les grilles salariales les plus élevées pour les professions paramédicales, notamment grâce aux revalorisations issues du Ségur de la santé. Les cliniques privées et les structures médico-sociales offrent, de leur côté, davantage de flexibilité organisationnelle et de possibilités d’évolution interne.
La rémunération d’un infirmier en France ne se limite pas au salaire de base. Les primes de nuit, de dimanche, de jours fériés, d’ancienneté et de sujétion spéciale peuvent représenter une part importante du revenu mensuel, notamment aux urgences, au SMUR ou en réanimation, où les contraintes horaires sont fortes. En intérim, la rémunération comprend également une indemnité de fin de mission et une indemnité compensatrice de congés payés, ce qui renforce l’attractivité de l’offre pour les profils mobiles.
Les avantages complémentaires doivent aussi être pris en compte : prise en charge des transports, stationnement, restaurant d’entreprise, mutuelle, aide au logement et perspectives d’évolution professionnelle.
L’inscription auprès d’une agence de recrutement spécialisée dans la santé est gratuite et ne nécessite pas de compte obligatoire pour commencer à consulter les offres. Une recherche géolocalisée dans un rayon de 0 à 50 km permet de cibler les opportunités selon la spécialité, le contrat souhaité, CDI, CDD ou intérim, et le type de structure recherché. Des alertes en temps réel signalent chaque nouvelle offre d’emploi d’infirmier correspondant au profil enregistré, réduisant ainsi le délai entre la détection d’une opportunité et l’envoi de la candidature.
En situation urgente, certaines prises de poste peuvent être organisées en moins de 24 heures si le profil est présélectionné, si l’autorisation d’exercice est confirmée et si le droit au travail est vérifié. Cette réactivité, propre aux agences spécialisées dans le recrutement de professionnels de santé, aide les établissements à recruter rapidement un infirmier lorsqu’un renfort devient nécessaire.
Un infirmier étranger titulaire d’un diplôme obtenu hors de l’Union européenne ne bénéficie d’aucune reconnaissance automatique en France. Pour exercer, il doit déposer une demande d’autorisation d’exercice auprès de la DREETS de sa région d’installation et fournir un dossier complet, accompagné de traductions assermentées. L’administration peut imposer une mesure compensatoire : épreuve d’aptitude ou stage d’adaptation.
Quand cette voie n’aboutit pas, la formation en IFSI pour obtenir le diplôme d’État d’infirmier français dure de deux à trois ans, selon les dispenses obtenues.
Avant toute embauche, l’employeur doit déposer une demande d’autorisation de travail sur la plateforme administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr. Le dossier comprend le contrat de travail signé, le passeport du professionnel, une attestation URSSAF ainsi que les documents relatifs au poste. L’administration vérifie la conformité du contrat, la rémunération et le respect du droit du travail avant de statuer.
Le traitement prend entre deux semaines et un mois et demi. Il est donc recommandé d’anticiper la demande trois mois avant la prise de poste. La DPAE doit être transmise à l’URSSAF au plus tard huit jours avant l’embauche. Un emploi sans autorisation valable expose l’établissement à de lourdes sanctions pénales et financières.
En France, les secteurs qui recrutent le plus sont le bloc opératoire, les urgences, la réanimation, l’oncologie, la dialyse et les soins médicaux de réadaptation. Les EHPAD, les MAS et les autres structures médico-sociales maintiennent également un recrutement permanent.
Les postes aux urgences et au SMUR proposent une rémunération renforcée par les primes de garde, de nuit et de week-end. En intérim, la rémunération de base est complétée par des indemnités de fin de mission et des congés payés. Les profils spécialisés, infirmier de bloc, IBODE ou infirmier en réanimation, sont particulièrement recherchés et valorisés sur le marché du travail infirmier en France.