Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la carte de séjour pluriannuelle pour travaux saisonniers, valable trois ans : conditions d’obtention, droits, limites annuelles de séjour et démarches de renouvellement.
La carte de séjour pluriannuelle portant la mention « travailleur saisonnier » est le titre de référence pour les ressortissants non européens recrutés en France dans le cadre d’emplois cycliques. Prévue à l’article L. 421-34 du CESEDA, elle offre un cadre stable pendant trois ans, sous réserve du respect des conditions applicables. La définition légale de la carte de séjour pluriannuelle travailleur saisonnier est disponible sur Légifrance.

Le demandeur doit réunir plusieurs critères avant de déposer son dossier. Contrairement à une carte de séjour saisonnier d’un an, ce titre pluriannuel a une durée maximale de trois ans. La préfecture compétente instruit la demande et notifie sa décision dans les délais réglementaires.
Le dossier complet comprend les justificatifs d’état civil et de nationalité, trois photographies réglementaires, un justificatif de domicile de moins de six mois, l’autorisation de travail dématérialisée, l’engagement de résidence à l’étranger et l’engagement à respecter les principes de la République.
L’employeur joue un rôle déterminant. Il doit obtenir une autorisation de travail dématérialisée via le téléservice de l’ANEF avant que le salarié puisse déposer sa demande de titre. Pour tout contrat de travail saisonnier agricole en France en 2025, cette démarche passe obligatoirement par la plateforme, en sélectionnant l’option « recrutement sur emploi saisonnier ». Le guide consacré à l’embauche des travailleurs saisonniers détaille les étapes de la procédure.
Les modalités de dépôt de la demande de titre de séjour sont entièrement dématérialisées via le portail de l’Administration numérique des étrangers en France (ANEF). La demande doit être déposée dans les deux mois précédant la fin du visa, et une attestation de dépôt est délivrée immédiatement. Les métiers en tension pour la régularisation offrent des perspectives aux travailleurs étrangers.
Une validité de trois ans ne permet pas une présence continue en France. La durée cumulée du séjour et du travail est limitée à six mois par période de douze mois. Lorsque le titre et le dernier contrat expirent à la même date, le travailleur doit quitter la France et regagner son pays d’origine sans délai. Tout dépassement peut entraîner un refus de renouvellement, voire une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Le renouvellement de la carte est possible si les conditions initiales de délivrance restent remplies. La demande de renouvellement doit être introduite en ligne au plus tôt quatre mois et au plus tard deux mois avant l’expiration du titre en cours. Sans réponse de la préfecture dans un délai de trois mois, la demande est considérée comme implicitement refusée; des voies de recours restent ouvertes pendant deux mois.
| Étape | Délai / Montant | Détail |
| Demande initiale | 150 € | Taxe de 100 € + droit de timbre de 50 €, payables en timbres fiscaux |
| Renouvellement | 100 € | Droit de timbre de 50 € + taxe de 50 € |
| Dépôt hors délai | 180 € | Droit de visa de régularisation, sauf cas de force majeure |
| Retrait du titre | 75 € | Timbre fiscal acheté en ligne au préalable, à présenter sur rendez-vous |
| Séjour autorisé | 6 mois / an | Durée cumulée maximale sur toute période de douze mois |
| Changement de statut | Variable | Il doit être demandé depuis le pays d’origine; aucun changement de statut n’est possible depuis le territoire français |
Les citoyens de l’Union européenne, notamment les ressortissants italiens, bénéficient de la libre circulation. Ils n’ont besoin ni d’un permis de travail ni d’un titre de séjour saisonnier pour exercer une activité en France. Une carte d’identité nationale ou un passeport valide suffit, ce qui réduit le délai d’embauche à zéro à trois jours. Les droits liés à la carte d’identité italienne pour travailler en France facilitent l’organisation des recrutements européens. En revanche, un ressortissant non-UE titulaire d’un titre de séjour italien n’obtient pas le droit de travailler en France : seule la nationalité italienne ouvre ce droit.
Pour obtenir ce titre, le demandeur doit être ressortissant d’un pays hors de l’Union européenne, entrer en France avec un visa de long séjour portant la mention « travailleur saisonnier », présenter un contrat de travail saisonnier d’au moins trois mois visé par l’administration et s’engager par écrit à conserver sa résidence habituelle à l’étranger. L’employeur dépose au préalable une demande d’autorisation de travail dématérialisée via l’ANEF. La carte est délivrée pour une durée maximale de trois ans dès la première admission au séjour, sous réserve de la conformité du dossier complet.
La demande de renouvellement se fait exclusivement en ligne, sur le portail ANEF, au plus tôt quatre mois et au plus tard deux mois avant la date d’expiration du titre en cours. Le demandeur doit toujours remplir les conditions de délivrance initiales, notamment fournir un nouveau contrat de travail saisonnier ainsi qu’une nouvelle autorisation de travail accordée à l’employeur. Sans réponse dans un délai de trois mois, la demande est considérée comme refusée. Des recours gracieux, hiérarchiques ou contentieux peuvent alors être formés dans les deux mois suivant ce refus implicite.
Non. La durée cumulée du séjour et du travail est limitée à six mois par période de douze mois. Cette restriction légale s’applique quelle que soit la durée de validité de trois ans du titre. Le dépassement de cette limite peut entraîner un refus de renouvellement, voire une obligation de quitter le territoire français. Pour exercer une activité salariée au-delà de six mois par an, le travailleur doit demander, depuis son pays d’origine, un titre différent, par exemple une carte de séjour portant la mention « salarié ».
Le changement de statut depuis le territoire français n’est pas prévu pour le titulaire d’une carte saisonnière qui souhaite s’installer durablement. Celui-ci doit retourner dans son pays d’origine afin d’y demander un visa de long séjour correspondant à un nouveau statut, salarié ou travailleur temporaire, auprès des autorités consulaires françaises compétentes. Ce retour préalable constitue une condition impérative : une procédure de changement de statut ne peut pas aboutir si elle est engagée directement depuis la France par le titulaire d’un titre saisonnier.
Pour une première demande, le demandeur paie une taxe de 100 euros et un droit de timbre de 50 euros, soit 150 euros au total, en timbres fiscaux. Lors du retrait du titre, sur rendez-vous en préfecture, un timbre fiscal supplémentaire de 75 euros, acheté en ligne au préalable, est exigé. En cas de dépôt hors délai, un droit de visa de régularisation de 180 euros s’ajoute, sauf circonstances de force majeure dûment justifiées. Ces montants ne comprennent pas les frais liés à la demande d’autorisation de travail déposée par l’employeur.