BTP, santé, hôtellerie, industrie : les secteurs en pénurie de main-d’œuvre sont nombreux en 2026, et chacun a ses propres contraintes. Connaître les domaines qui recrutent le plus, les métiers les plus difficiles à pourvoir et les causes de ces tensions vous aide à cibler les bons profils et à appliquer les bonnes règles à votre recrutement.
Le marché de l’emploi français combine deux réalités : des volumes d’embauche élevés et des difficultés de recrutement qui restent fortes dans certains métiers. Pour repérer les secteurs qui recrutent, les chiffres officiels de France Travail offrent un point de départ fiable. Ils mesurent en effet les intentions des employeurs, secteur par secteur.

Dans son enquête sur les besoins en main-d’œuvre pour 2026, France Travail recense 2 279 500 projets de recrutement. Parmi eux, 43,8 % sont jugés difficiles et 32,2 % sont saisonniers. Le volume recule de 6,5 % sur un an, et la part des projets difficiles baisse de 50,1 % à 43,8 %.
Ce recul ne supprime pas la pénurie de main-d’œuvre : près d’un projet sur deux reste difficile à pourvoir. Pour les TPE-PME, qui portent l’essentiel des embauches, identifier les secteurs en pénurie de main-d’œuvre permet d’anticiper les recrutements plutôt que de les subir.
Trois grands secteurs dépassent chacun 300 000 projets. La santé humaine et l’action sociale arrivent en tête avec 320 590 projets, dont 53,8 % difficiles. L’hébergement-restauration suit de très près avec 319 010 projets, dont 56,0 % saisonniers, un rythme qui exige une grande réactivité.
Pour ces pics saisonniers, Work Intérim met à disposition des réceptionnistes, agents d’entretien, serveurs, commis et chefs de cuisine grâce au recrutement d’intérimaires en hôtellerie. Les services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien complètent ce trio avec 300 580 projets.
| Secteur | Projets 2026 | Part jugée difficile | Part saisonnière |
| Santé humaine et action sociale | 320 590 | 53,8 % | 14,3 % |
| Hébergement-restauration | 319 010 | 44,3 % | 56,0 % |
| Services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien | 300 580 | 45,9 % | 22,2 % |
L’agriculture totalise 193 400 projets en 2026, dont 85,6 % saisonniers et 39,0 % difficiles. Work Intérim couvre ces besoins par le recrutement d’intérimaires agricoles : ouvriers agricoles, techniciens de cultures, conducteurs d’engins et agents de conditionnement.
Le transport et l’entreposage comptent 176 200 projets de recrutement. Pour ces opérations, Work Intérim propose des intérimaires pour le transport : conducteurs routiers, chauffeurs de taxi, agents de quai et agents d’exploitation. Le commerce de détail affiche quant à lui 169 090 projets, dont 29,9 % difficiles et 36,1 % saisonniers.
Un volume élevé n’indique pas toujours une tension forte. La construction n’est que 8e en volume avec 139 670 projets, mais 65,2 % de ces projets sont difficiles à pourvoir. Parmi les secteurs en tension, c’est donc l’un de ceux où les opportunités d’emploi abondent et où votre recrutement demande le plus d’anticipation.
Derrière les moyennes par secteur d’activité, certains métiers concentrent les tensions les plus aiguës. Les métiers en tension en France relèvent surtout du travail manuel, de la maintenance et des services à la personne.

Dans le BTP, les ouvriers qualifiés comptent parmi les profils difficiles à trouver. Chaque métier en pénurie en France présente toutefois un profil différent, entre volume et taux de difficulté :
Les plombiers-chauffagistes complètent ce tableau avec 11 080 projets, dont 67,5 % difficiles. Ces métiers sous tension réunissent donc à la fois des besoins importants et des taux de difficulté élevés.
Les techniciens en froid et conditionnement d’air affichent 3 130 projets, dont 81,2 % difficiles. En maintenance générale et mécanique industrielle, on compte 3 900 projets (74,1 % difficiles), et 3 310 en maintenance électrique et électronique (74,0 %). Ces professions en pénurie exigent des compétences techniques pointues.
Les ouvriers mécaniciens de véhicules représentent 19 710 projets, avec 72,3 % de difficultés. Pour ces postes à pourvoir, Work Intérim propose un recrutement d’intérimaires pour l’industrie : opérateurs de production, techniciens de maintenance, régleurs, responsables qualité et responsables logistique.
Les aides à domicile concentrent 69 560 projets, dont 62,3 % difficiles : c’est l’un des métiers qui recrutent le plus et l’un des plus durs à pourvoir. Les médecins totalisent 8 820 projets, dont 78,7 % difficiles. Les infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de vie et accompagnants éducatifs et sociaux sont aussi touchés.
Parmi les métiers recherchés, l’hôtellerie-restauration cible cuisiniers, aides de cuisine, employés polyvalents et serveurs. La logistique recherche des conducteurs routiers, caristes et agents logistiques. La tension y est plus modérée pour certains postes : les magasiniers et préparateurs de commande qualifiés comptent 8 550 projets, dont 37,9 % difficiles.
Une pénurie de talents vient rarement d’une seule cause. Elle combine un manque de candidats, des conditions de travail exigeantes et des changements démographiques de fond. Comprendre ces facteurs vous aide à choisir le bon levier.

Pour mesurer les tensions, la Dares croise plusieurs indicateurs : le ratio entre offres et demandeurs d’emploi, l’écoulement de la demande, les difficultés déclarées et la main-d’œuvre disponible. Elle prend aussi en compte l’inadéquation entre formation et emploi, l’éloignement géographique et l’attractivité des salaires.
En 2024, 6 métiers sur 10 étaient en tension forte ou très forte, contre 7 sur 10 en 2023. Ces métiers représentaient un peu plus de la moitié de l’emploi total, ce qui montre l’ampleur des tensions sur le marché du travail.
Parmi les 30 métiers les plus tendus en 2024, deux tiers souffrent d’un manque fort ou très fort de main-d’œuvre disponible. Pour 13 d’entre eux, l’inadéquation géographique est forte ou très forte : la pénurie de main-d’œuvre tient alors autant à la localisation des emplois vacants qu’au nombre de candidats.
Selon l’enquête BMO 2024, les employeurs attribuent leurs difficultés à une pénurie de candidats dans 85 % des cas. Des profils inadéquats sont cités dans 76 % des cas, ce qui traduit une vraie pénurie de compétences. Les conditions de travail sont en cause dans 36 % des cas.
Ces conditions sont concrètes : pénibilité physique, bruit, gestes répétitifs, travail de nuit ou horaires décalés. Ces contraintes réduisent fortement l’attractivité des métiers de terrain.
Dans le bâtiment, les tensions tiennent aussi au vieillissement des actifs, aux qualifications techniques exigées et à la mobilité géographique nécessaire. Dans le transport, les contraintes réglementaires et les horaires pèsent également sur les difficultés de recrutement.
Le vieillissement de la population augmente durablement la demande dans la santé, le médico-social et l’aide à domicile. Ces activités exigent souvent des diplômes et imposent des horaires contraignants. Selon la Dares, près de 90 % des postes à pourvoir d’ici 2030 viendraient du remplacement des départs en fin de carrière.
D’ici 2030, 462 000 agents d’entretien partiront en fin de carrière, ainsi que 207 000 aides à domicile et aides ménagères. Les agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs et bûcherons compteront 182 000 départs. La technologie change aussi les besoins : les compétences qui associent un métier et l’intelligence artificielle deviennent rares.
Pour répondre à un besoin urgent, trois leviers se complètent : bien connaître le cadre légal, faire appel à la mobilité européenne et rendre votre offre plus attractive. Chacun agit de façon différente sur votre recrutement.

La liste des métiers en tension est fixée par l’arrêté du 21 mai 2025, publié au Journal officiel le 22 mai 2025, en application de l’article L. 414-13 du CESEDA. Un métier y figure lorsqu’il combine des difficultés de recrutement et une présence de ressortissants de pays tiers supérieure à la moyenne nationale. La liste est établie région par région, selon la famille professionnelle, le code ROME (répertoire des métiers de France Travail) et la région d’emploi. En 2025, l’aide à domicile, l’aide ménagère, le cuisinier et l’employé de l’hôtellerie y ont été ajoutés dans toutes les régions, un signe clair du besoin de main-d’œuvre dans ces métiers.
Selon la nationalité du candidat et le type de poste, les règles ne sont pas les mêmes. Avant de pourvoir vos postes vacants, quatre points sont essentiels :
Un intérimaire roumain, citoyen de l’UE, peut donc trouver un emploi en France sans autorisation de travail. S’il est mis à disposition par une entreprise de travail temporaire étrangère, il relève du détachement. Cela impose notamment une déclaration préalable, un représentant, le respect des règles françaises du travail temporaire, une garantie financière et l’égalité de traitement.
Plutôt que de chercher uniquement le profil idéal, vous pouvez agir sur la rémunération, les primes, les avantages, les horaires, l’organisation du travail et la qualité du management. Ouvrir vos postes à des profils moins expérimentés, puis les former en interne, par l’apprentissage ou par une préparation opérationnelle à l’emploi (POE), répond aussi aux besoins techniques dès que le candidat est formable.
Pour vos besoins ponctuels ou variables, nous accompagnons les entreprises avec des intérimaires qualifiés, notamment roumains. Work Intérim intervient dans le transport, l’industrie, l’hôtellerie, l’agriculture, la construction, la logistique et la santé.
Selon la Dares, le lien entre tensions de recrutement et chômage n’est plus linéaire : des demandeurs d’emploi disponibles peuvent coexister avec des postes vacants depuis longtemps. Plusieurs causes l’expliquent : trop peu de candidats disponibles, des compétences qui ne correspondent pas, l’éloignement géographique, des conditions peu attractives ou des exigences réglementaires (diplômes, habilitations, autorisations).
La pénurie freine la croissance, faute de salariés pour produire, livrer ou assurer les services. Elle ralentit la production, allonge les délais de livraison et provoque des ruptures de produits. Certaines entreprises, dont des restaurants et des hôtels, ont dû fermer faute de candidats. Enfin, le manque d’offre face à la demande peut faire monter les prix et alimenter l’inflation.
Oui. La filière numérique manque durablement de personnel, notamment en cybersécurité, données, cloud et intelligence artificielle. L’économie verte connaît aussi des difficultés persistantes (rénovation énergétique, énergies renouvelables, traitement des déchets), et ses besoins devraient augmenter avec les engagements climatiques.
L’indicateur de la Dares mesure les tensions sur le marché du travail. La liste fixée par arrêté, elle, a des effets juridiques : elle sert notamment au recrutement de travailleurs étrangers hors UE et à l’admission exceptionnelle au séjour. Les deux outils n’ont donc pas le même objectif.